1ère TIME LINE

Quelques images prises au hasard sur la time line de montage. De nombreuses séquences sont déjà prémontée...

LE FILM EST TERMINÉ, pour conclure...

 

12 février 2019

Le montage est terminé. Cela représente beaucoup d'énergie dépensée depuis trois mois, beaucoup d'interrogations, beaucoup de doutes, beaucoup de choix à faire. Faire un film c'est comme suivre un chemin et puis à un moment donné on tombe sur une fourche imprévue ; je prends à gauche ou à droite ? Il faut choisir. Puis ça continue et ça recommence, encore faire un choix... sans pomme Z ... C'est la vie quoi. Le montage est une étape que j'apprécie beaucoup ; c'est là que le film prend forme, sous nos yeux. Avant, au tournage, on prévoit, on imagine ce qui fera le film. C'est passionnant également, mais aussi stressant pour moi, surtout sur celui-ci. La grande question revient sans cesse : est-ce que ça va fonctionner ? Au montage le film prend vie, confirme les choix du tournage ou oblige à en trouver d'autres ; le problème c'est quand on en trouve pas... Il prend vie et quelques fois me surprend. J'aime monter, confronter des images et des sons qui vont finir par raconter une histoire. Parfois j'ai l'impression qu'ils prennent leurs autonomies et se racontent eux même... Il faut s'en méfier... Ici pour moi la difficulté à été la liaison entre les choix de fiction et leur imbrication dans la narration, ma grande inquiétude. Ces scènes ne doivent pas être qu'une illustration des entretiens, même si c'est ce qui est attendu. Elles doivent aussi arriver en contre point, ou en décalage, pour compléter ou apporter un autre regard sur Rollinat, faire avancer le film et éviter le piétinement qui ralentit sa progression. Le travail du son est très important. Je suis très content de l'utilisation de bruitages d'époque, enregistrés sur des cylindres, que m'a procuré Jean-Yves Patte. L'illustration d'images d'aujourd'hui avec ces sons de calèches ou de fête foraine par exemple, créent une atmosphère intéressante. Une autre particularité de la bande son est l'utilisation des partitions de Rollinat, interprétées par Adrien Petit Locciola, comme musique du film. Enfin il y a Gregory Jolivet qui a créé, amicalement, des ambiances sonores avec sa vielle à roue magique. Je crois que la bande son est très riche et en adéquation avec le film : fin XIXème et mystérieuse à la fois. Évidement je n'ai pas de recul sur le résultat. Comment le film va t'il être reçu ? On fait un film pour qu'il soit vu et apprécié. Pour moi c'est important que le film soit partagé par le plus grand nombre. Je pense que l'on peut faire des documentaires intelligents, sans rapport avec le formatage télévisuel, et pourtant accessibles. C'est un grand écart que je recherche à chaque fois, quitte à être considéré comme inintéressant (voire complice du système) par les intransigeants du documentaire de création, dont pourtant j'apprécie souvent les films. Je pense à mon ami Xavier Selva et sa formule : "Le compromis oui, la compromission non.". Ce n'est pas le cas avec Bip TV où le film est respecté ainsi que son réalisateur. La directrice, Sophie Cazé, a eu un vrai regard lors de l'écriture et a détecté le point faible du scénario de la première version du projet ; un regard constructif qui a permis la réécriture du film que nous venons d'achever. La réalisation d'un film en général est un travail d'équipe, quelque soit sa taille, grande ou petite. Nous étions trois au tournage, Pierre, Stéphane et moi, plus Mickael le comédien, plus Thierry le producteur. Et pourtant qu'est-ce qu'on se sent seul face au film à créer. Chacun y va de sa responsabilité, apporte toute sa compétence, mais au bout du compte il n'y en a qu'un qui décide du film, c'est son auteur. Souvent on ressent une profonde solitude, que personne ne peut comprendre... "Dans l'oeil de Rollinat" : pourquoi ce titre ? Le premier projet s'appelait "les rimes englouties", un mélange de poésie et d'eau, ou de rivière, car Rollinat aimait la pêche et les bords de Creuse. Mais finalement le titre, comme le projet, était trop superficiel. Les 16 pages étaient en fait une prise de notes, pas un projet de film : certainement la raison de la non sélection à l'aide à l'écriture. J'ai pensé abandonner après cette décision de CICLIC de ne pas me soutenir. Et puis, petit à petit, sous l'impulsion de Xavier et l'intérêt de Thierry Gautier je m'y suis remis pour aboutir à ce titre : "Dans l'oeil de Rollinat". Un titre doit posséder le film. Ici l'élément déclencheur est le regard du poète. Dans tous ses portraits, photographiques en particulier, on ne le voit jamais sourire. Bien souvent il fixe l'objectif avec un regard très profond. Ce regard est presque hypnotique. On s'approche de l'oeil et l'on y découvre tout un monde, que nous allons essayer de découvrir... Qu'y a t'il derrière cet oeil, dans ce regard inexpressif ? La réponse est peut-être dans le film.

 

9 mars 2019

Le film est sur Bip TV en ce moment. On ne peut pas connaître le nombre de spectateurs, c'est dommage. Je m'efforce de communiquer les horaires de passage en espérant qu'un maximum de personnes puisse le voir. La première a eu lieu vendredi 1er mars à l'Apollo. Il y avait du monde mais moins que pour les deux autres films. La soirée a été très sympathique, il y a eu quelques échanges et grâce à Camille Girard j'ai pu revenir sur certains points du film, expliquer mes choix de narration. Bien sûr, le public était acquis d'avance et les réactions pleines de gentillesses. 16 mars 2019 La projection lors de la journée des Amis de Maurice Rollinat à la médiathèque de Châteauroux sʼest très bien déroulée. La petite salle était presque pleine et le film a été bien reçu. Jʼai pu nouer des contacts et peut être pourrons nous programmer dʼautres projections, ailleurs, dans dʼautres villes. Cʼétait la dernière diffusion du film lors de sa sortie en quelque sorte. En une dizaine de jours il a été proposé au mois sept fois au public dont cinq sur BipTV ce qui localement, lui a permis une belle audience. Aujourdʼhui ce film existe, il va vivre sa vie, comme on aime le dire. Je vais le proposer à des festivals, mais rien nʼest acquis ; je nʼai reçut aucun retours pour “dʼâmes et de pierre”, je ne sais pas si Rollinat intéressera plus les programmateurs… Voilà maintenant je passe à autre chose, un prochain film. 

Pascal Guilly