Ce documentaire n'est pas une biographie de Rollinat. Il s'agit d'un voyage dans son propre intérieur ; flirter avec ses angoisses pour tenter de comprendre les origines de sa création. La poésie de Rollinat s'inscrit presque toujours dans un contexte psychologique de son auteur ou de son narrateur...

Le film débute dans une chambre obscure où un homme lors de ses deniers instants plonge dans un délire qui le conduit à différentes époques de sa vie. Le temps est mélangé, aucune chronologie n'apparaît clairement. La trame du film se trouve dans une autre dimension : les éléments fondamentaux de la vie, à savoir : l'air, le feu, l'eau et bien sûr la terre.

Si la terre est le lien commun, les trois autres en sont chacun un aspect étrangement présent dans la vie et l'œuvre de Rollinat.

 

L'air représente l'un de ses aspects. La propriété de "Bel Air", au nom prédestiné, y est le lieu emblématique. Balayé par le vent, l'hiver y est redoutable. L'air vital, trouve son opposé avec la violence des tempêtes et l'ambiance lugubre qui y règne ; "Bel Air " de nuit fait peur. Rollinat reviendra régulièrement à cet endroit, propriété de sa mère. C'est ici que le poète aura des hallucinations qui le hanteront jusqu'à la fin.

 

Le film montre le lieu dans une demi obscurité, à la tombée de la nuit ou lors de sombres journées d'hivers. Les souvenirs poétiques de Rollinat sont à l'image du lieu... O nuit, qui fais gémir les hiboux, t'es suppôts / Dans le recueillement de tes froides ténèbres ...

 

Le feu représente Paris, ville des tous les excès mais aussi la ville de sa gloire. Le film montre un Paris nocturne. On découvre le Paris de Rollinat sous son éclairage actuel et sa violence contemporaine : les lumières agressives de la nuit, la circulation intense...

 

Enfin l'eau, l'eau de la Creuse, pourra peut être éteindre le feu Parisien. Mais derrière ses aspects apaisants, l'eau cache aussi l'inconnu qui est en dessous et appelle la noyade...

Ici nous montrons ce lieu sous un soleil d'été. Il se reflète au ras de l'eau mais quelques fois nous sommes attirés en dessous ou il n'y a plus d'air... L'homme est un farfadet qui tombe dans la mort (...) Sous l'horreur qui la plombe et l'oubli qui la gèle.